Is This The Real Life ? (Call it a landslide...)
Par Nico, samedi 5 septembre 2009 à 00:47 :: Vis ma vie :: #238 :: rss
Non ce n'est pas Max. Nous sommes en plein dans ce que les américains appellent le « money-time ». Le score est de 54 – 52 pour l’adversaire, le chrono affiche moins de 2 minutes à jouer, mais la possession de balle est pour nous. La tension est palpable sur le terrain et parmi les supporters, l’atmosphère lourde, même orageuse, comme il se doit dans cette fin d’été. Romain remonte le ballon sur la droite du terrain, et tente une pénétration que n’aurait pas reniée Tony Parker lui-même. Mais la défense de zone adverse se resserre tel les serres d’un rapace sur une innocente souris, si bien qu’en un instant, une conclusion positive à cette action d’éclat semble finalement relever de l’impossible. Dans un sursaut de lucidité salvateur, et avec un coup d’œil et une vista digne des grandes années de Steve Nash, mon partenaire parvient tout de même à entretenir l’espoir en ressortant parfaitement la balle côté opposé. Là , bien en appui derrière la ligne des 3 points, je n’hésite pas une seconde lorsque la balle m’arrive comme par magie dans les mains. « Catch and shoot », dans la plus pure tradition des Peja Stojakovic et autres Reggie Miller ; avec une trajectoire que George Eddy et David Cauzette auraient qualifiée d’Arc en Ciel, la balle s’élève en tournant dans le ciel pour retomber sans un autre bruit que le fameux « switch » en plein milieu du panier adverse. Le stade exulte, mais la partie n’est pas finie.
Une minute plus tard, et après un oubli défensif impardonnable, nous revoilà menés d’un point. Il faut marquer. Cette fois, j’ai la balle entre les mains dès le départ de l’action. Profitant de l’avantage de vitesse sur mon défenseur direct, je le cross, puis enchaînant dribble main gauche je me prépare à attaquer le cercle. Une prise d’appui, une deuxième, et « CRACK », sentant ma cheville gauche tourner, je m’effondre au milieu de la raquette dans un cri de douleur.
Aussitôt, tout s’arrête. Les cigales s’arrêtent de chanter, le vent de souffler, et le ballon s’en va rouler dans les pins alors que je gis étendu sur le goudron chaud du playground. Fred vient me demander si ça va, mais la circonférence de ma cheville alors que j’enlève ma tennis m’indique immédiatement que j’ai au moins une entorse. La récréation est finie, il est de toute façon l’heure de retourner travailler. Pour les collègues en tout cas ; pour moi, l’infirmière Amadeus insiste pour que j’aille aux urgences faire des radios. Trois heures plus tard, je ressors de l’hôpital le plus proche avec un plâtre et une paire de béquilles. Quelle poisse, une entorse pendant un simple 4 contre 4 entre collègues à la pause de midi. En plus le score était probablement faux…
Nous sommes samedi matin, et le jour se lève – tôt – par la fenêtre entrouverte du chalet. La vue sur les Ecrins donne envie, et les possibilités d’activités outdoor et de grimpe aux alentour sont quasi infinies. Enfin, pour un homme valide… Malgré mon handicap, je n’ai pas voulu annuler ce week-end prévu de longue date, et ai préféré venir ici et regarder les autres grimper que de rester seul à Antibes. Je crois que la solitude, ajoutée à mon immobilité forcée, m’aurait fait péter un câble rapidement. Malgré la compagnie, voir tout le monde s’éloigner les cordes sur l’épaule me laisse morose.
Alors que mes potes de Nice vont faire la célébrissime arête de Palavar Les Flots, Seb & Julie vont faire Voyage en Cathiminie, une superbe voie dans le 6a que j’avais justement prévu de proposer à Seb. Il me faudra trouver quelqu’un d’autre. Quant à moi, je parviens péniblement à me traîner jusqu’à l’aire de décollage des parapentes à quelques hectomètres du chalet pour aller lire mon livre avec la vue sur la vallée. J’en avale 250 pages, avant d’avaler les pilules prescrites par mon médecin, et de rentrer au chalet pour m’atteler à la recherche d’une infirmière libérale qui pourra venir me piquer dans le ventre au milieu de la montagne un samedi après-midi. La tâche s’averant ardue, j’abandonne, et c’est finalement à Julie qu’incombera la responsabilité de manier la seringue en fin d’après-midi (Seb s’était proposé aussi, mais j’ai préféré confier la tâche à une biologiste – rien à voir, elle n’en avait jamais fait avant, et alors ?)
En rentrant dimanche soir, j’effectue mon exploit du week-end en réalisant en béquilles l’ascension de la cime de la Bonette – non sans m’en être mise une belle à mi parcours, soit 50m de dénivelé, mais un sommet à plus de 2800m.
De retour dans mon 2 pièces, je découvre les inconvénients de ne pas avoir de table dans sa cuisine. Et oui, les béquilles, c’est pas mal, mais ça occupe un peu toutes les mains. Du coup, pour transporter une assiette, ou un pot de confiture, je me retrouve à faire du cloche-pied à travers tout l’appart. En 2 AR au frigo, je suis en nage, et je manque de provoquer une catastrophe en transportant un verre de coca. Je ne parle même pas du sac poubelle qui attendra quelques temps avant de connaître la benne à ordures.
Le meilleur dans tout ça, c’est que je ne peux pas conduire. Mes potes étant en train de s’éclater en Grèce, et Fred ayant aussi pris des vacances, je me vois forcé de réactiver mon réseau de covoiturage – féminin, tu t’en souviens lecteur.
C’est donc L. qui m’emmène au bureau le matin cette semaine. Mais les choses ont changé, et L. a maintenant officiellement un nouveau copain. Il s’appelle J., et d’aucuns pourraient même le reconnaître. Il est d’ailleurs aussi dans la voiture ce matin, ce qui me fait me poser des questions ; quoique, non, en fait je ne veux même pas le savoir. L. quant à elle semble toujours aussi disposée à monologuer avec moi, même si le quasi unique sujet reste son canasson…
Pour alterner, je rentre le soir avec I. J’apprécie la compagnie d’I.car avec elle il n’y a pas d’ambiguïté, et car elle n’hésite pas à parler avec franchise, voire à cracher sur les gens qu’elle ne supporte pas. Le problème c’est qu’ils sont nombreux, et que cela crée des conflits d’intérêts que je n’ai plus la force de gérer. Je ne peux plus voir I. en même temps que d’autres gens que j’invitais régulièrement cet hiver pour faire des jeux de société, et il faudra s’y faire. En conséquence, je ne vois quasiment plus ces gens là en dehors des couloirs d’Amadeus, et c’est un peu dommage. Niveau conversation, I. parle principalement de vouloir quitter son job pour aller travailler à la ferme, dans la montagne, en tout cas loin d’ici.
Et puis pour faire le tour des trois filles avec qui j’ai un peu parlé depuis trois mois, il y a C. Souviens toi lecteur, je ne l’ai jamais écrit mais tu en as sûrement entendu parler ; C., c’est la fille à qui j’avais prêté un porte bagage. Dans la même journée – celle de notre 1ère rencontre – elle était venue chez moi et j’étais allé chez elle ; un début tonitruant. Oui mais voilà , depuis, l’exode estival n’aidant pas, je ne l’ai revue que 3 fois, à chaque fois pour aller grimper. La dernière fois, il y a trois semaines, a été une fin de journée très agréable, mais durant laquelle elle m’annonça aussi ne pas pouvoir venir au petit week-end que j’avais organisé dans les Ecrins depuis pourtant plusieurs semaines. A l’évidence, C. a un emploi du temps assez chargé, et les quelques sessions escalade que je lui propose parfois ne semblent pas constituer le haut de sa liste. Je ne dirais pas que ça ne la tente pas, mais elle a juste souvent d’autres plans.
J’aurais pu organiser un truc ce week-end, et l’y convier ; canyoning, arêtes rocheuses, grandes voies, j’avais plein d’idées ! Mais avec ce foutu plâtre je vais sûrement rester chez moi et regarder l’US Open à la télé. D’autant plus que je dois trimballer le téléphone oncall, qui risque de sonner à tout instant pour implorer mon aide pour un incident sur le système Amadeus, incident à propos duquel je ne saurais probablement pas quoi faire. Avec tout ça et le mois de rééducation chez le kiné qui m’attend, je pourrais très bien ne pas revoir C. avant encore belle lurette.
Bref, et comme il se fait minuit, tu l’auras compris lecteur, la vie est chouette dans le Sud, mais on peut toujours se plaindre, et ce qui m’arrive en ce moment m’en donne une opportunité immanquable ; car même si la vie n’est pas détestable, elle pourrait aussi être mieux, à deux, ou au moins avec deux chevilles. Et pendant ce temps Max m’informe en temps réel des différents cols gravis par Chris. Le Granier le Cucheron et le Coq rien qu’hier, alors que je n’ai pu aller plus loin que l’infirmerie ! Mais ou allons nous ? Il ne manquerait plus que Laurent choppe. Merde, c’est déjà fait…

Commentaires
1. Le samedi 5 septembre 2009 à 01:31, par Max
2. Le samedi 5 septembre 2009 à 20:08, par Chris
3. Le dimanche 6 septembre 2009 à 08:23, par Laurent
4. Le dimanche 6 septembre 2009 à 11:07, par nico
5. Le dimanche 6 septembre 2009 à 17:30, par Laurent
6. Le lundi 7 septembre 2009 à 06:51, par Endive
7. Le lundi 7 septembre 2009 à 08:36, par nico
8. Le lundi 7 septembre 2009 à 09:36, par Max
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