mardi 24 avril 2012
Je préfère la campagne
Par Max, mardi 24 avril 2012 à 11:24 :: Réflexion philosophique
Cela faisait maintenant cinq ans que l'on attendait les élections présidentielles de 2012. Non pas que le quiquennat qui vient de s'écouler n'ait laissé aucune trace, bien au contraire. Mais les diverses catastrophes qui ont rythmé cette période ont instauré une inquiétude générale quant à l'après 2012 : ce sera quitte ou double.

Que penser du premier tour qui s'est clos dimanche dernier ? Analysons ensemble les dix candidats, en toute objectivité : la part de subjectivité dans mon jugement n'excèdera pas 50,00%, je vous le promets.
Nathalie Arthaud
Candidate représentant Lutte Ouvrière. Ce n'est certainement pas sa lutte finale, car malgré son bien faible score (202561 voix), celui-ci était prévisible et il ne remet pas en cause le rôle de leur parti dans le paysage politique : dénoncer les aberrations et les injustices du monde capitaliste.
François Bayrou
Candidat du Mouvement Démocrate. Il faut avouer que le soufflé est retombé depuis les élections de 2007. Ce candidat pronait l'austérité pour réduire la dette. Malgré son affiche de campagne à la Richard Geere, on peut imaginer que les électeurs attendaient des mesures plus marquantes en direction d'une amélioration du niveau de vie des français. Un flop.
Jacques Cheminade
Candidat à l'étiquette Solidarité et Progrès. Une des surprises d'un candidat qui l'était déjà en 1995 et qui affirmait avoir prévu la crise financière. Etait-il vraiment le seul ? Toujours est-il qu'il a amusé les journaux avec son programme de conquête spatiale. Il est tout de même regrettable que l'ensemble des médias ne lui aient pas laissé sa chance, en le catégorisant par avance de candidat farfelu. Un bon nombre de mesures de son programme (notamment en direction des banques, comme instaurer une séparation stricte entre banques de dépôt, banques d’affaires et sociétés d’assurance) étaient somme toute des classiques de la gauche. L'autre thématique phare du programme Cheminade concernant la colonisation de Mars était certes originale, mais elle aurait pu être débattue un minimum au lieu d'être publiquement raillée sans concession. Après tout, la conquête de la Lune était un enjeu politique majeur des grandes puissances mondiales dans la deuxième partie du XXème siècle. De plus, la logique de conquérir de nouveaux espaces est assez naturelle, à l'heure où l'on se plaint d'épuiser toutes les ressources énergétiques de la Terre.
Nicolas Dupont-aignan
Seulement 1,79% des voix ont crié avec lui Debout la République. Cet espèce d'ersatz rajeuni du traditionnaliste De Villiers n'aura pas fait long feu, d'autant que les médias ne lui ont laissé aucune chance. C'est le problème d'un candidat à la fois nul et antipathique.
François Hollande
Le grand gagnant du premier tour, avec 10 273 480 voix, redonne du sérieux au Parti Socialiste. Après deux présidentielles consécutivement ratées, le PS n'avait plus le droit à l'erreur. En cassant l'image d'un parti sans unité, évitant soigneusement Strauss-Kahn et ses histoires de fesses, le PS a envoyé dans la campagne un candidat qui a su incarner l'anti sarkozysme avec une image de calme, sérieux et stabilité, tout en proposant un programme de gauche pas trop à gauche, pas trop à droite non plus, qui devrait rassurer les français.
Eva Joly
Un bien piètre score pour la candidate des Verts, seulement 828381 bulletins en son nom. Son score est toutefois supérieur à celui de Voynet en 2007. Les écologistes déploreront le manque de visiblité de sa campagne, et par corollaire des enjeux écologiques dans le débat politique de cette campagne. On peut penser que son électorat était principalement constitué de puristes qui ont voté par idéologie, tout en connaissant d'avance le sérieux et la valeur de cette personne. Il semblerait également que l'élection présidentielle ne soit pas un but majeur de ce mouvement qui a su par ailleurs briller récemment aux élections européennes, d'autant qu'un accord avec le PS a été passé pour les législatives. On appréciera cependant le flow d'Eva Joly dans son clip de campagne, véritable leçon de slam de la part de quelqu'un qui aura été raillée pendant des mois pour sa prononciation et son accent hésitant.
Marine Le Pen
Avec 17,90%, la candidate du Front National rassemble une proportion non négligeable de votants. En comparaison avec le score du Père + Mégret en 2002, on reste dans un même ordre de grandeur du vote contestataire anti immigration. Le racisme n'est pas une nouveauté. Le grand danger est qu'il se popularise de toute part du bord droit de la politique : d'un côté, le camp Le Pen a réussi à se forger une image plus souple que celle qui était véhiculée par Jean-Marie Le Pen qui assumait complètement son antisémitisme et son rejet des arabes ; de l'autre côté, le clan UMP a banalisé le racisme ordinaire pendant tout le quinquennat de Sarkozy, dont on distinguera quelques épisodes marquants : le ministère de l'identité nationale et de l'immigration, scellant de fait une opposition entre les vrais français et ceux qui viennent d'ailleurs ; la traque des Roms, digne d'un Berlusconi ; la stigmatisation des musulmans, en portant en faux débats quelques symboles comme le voile ou la viande hallal, qui n'en finiront pas d'alimenter les discussions de comptoir.
Jean-Luc Mélenchon
Grosse déception pour le Front de Gauche qui ne totalisera au final que 3 985 089 voix. S'il n'a pas réussi son pari de battre Le Pen au score, Mélenchon peut néanmoins se féliciter d'avoir fait renaître de ses cendes un parti de gauche plus radical que le parti socialiste, proposant un programme structuré et réfléchi, offrant plus que des mesures symboliques de contestation que l'on retrouve typiquement dans des programmes d'extrême gauche. La campagne fut rondement menée. Après avoir tapé sur le PS pour se donner une légitimité, le FdG a su rapidement adopter une stratégie pour éviter le cannibalisme des votes de gauche en se positionnant frontalement contre le FN. Mélenchon a donné une leçon de campagne politique a tous ses camarades. Ses talents d'orateur nous ont rappelé un temps où un discours pouvait faire vibrer les foules, grand rassembleur à la Concorde ou encore sur la place du Capitole, tout en sachant utiliser de nouvelles techniques de communication (son compte Facebook était le plus suivi de la campagne). Espérons que le courage de ses idées saura trouver une continuité après les élections.
Philippe Poutou
Avec 411 182 voix, c'est le troisième homme en partant de la fin. Digne successeur d'Olivier Besancenot pour représenter le Nouveau Parti Anticapitaliste, cet ouvrier de Ford aura marqué la campagne sur le tard, grâce à un franc parler et une bonne sympathie de la part d'un candidat qui avoue qu'il ne se sent pas trop à sa place dans ce monde de politiciens. S'il a perdu le côté "jesuisboboetjevoteraipourlefacteurparcequilincarneleservicepublic" avec une bouille qui séduira peut-être moins que les bonnes joues de Besancenot, il aura eu le mérite de proposer des clips de campagne plutôt drôles et pour le moins originaux, avec cette parodie de Question pour un champion, ou encore d'un film muet qui n'est pas sans rappeler le récent succès de The Artist.
Nicolas Sarkozy
Le candidat UMP sortant ne totalise que 27,18 % des suffrages et perd ainsi le pari d'arriver en tête, ce qui est une défaite historique de la part d'un président-candidat. Il faut dire que son bilan l'accable et que malgré son applomb légendaire, il est difficile de nier que la vie des français les moins riches s'est dégradée. Rappelons que les 10% les plus riches, possèdent 48% de la fortune nationale. On peut donc penser qu'il y a très approximativement 17,18 % de français qui votent contre leurs intérêts personnels à l'insu de leur plein gré. S'il veut gagner (mais on en doute, si on interprète de façon raisonnable son "Merci d'avoir été là " de dimanche soir), il devra continuer sa campagne d'extrêmisation. C'est un jeu très dangereux pour nous, pauvres résidents de France. Si NS continue de banaliser les idées nauséabondes d'extrême droite, il prend le risque, en cas de victoire, d'officialiser et faire perdurer le racisme pendant encore 5 ans grand minimum. En cas de défaite, il est possible que l'UMP explose et que le FN se positionne en conséquence comme un "vrai" parti de droite. Ce serait non seulement la honte vis à vis des pays voisins (souvenez-vous de ce que l'on pensait de l'Autriche quand son gouvernement est passé l'extrême droite, ou encore quand la Suisse voulait interdire les minarets), mais aussi le désagréable sentiment pour chacun de vivre dans un pays de gros fachos.
Conclusion
Visiblement, la gauche a repris de l'importance pendant ce scrutin, ce qui tendrait à montrer que les électeurs ne sont pas totalement dupes à propos de la politique de droite de Sarkozy : bouclier fiscal pour les plus riches, appauvrissement de hôpitaux publics, liquidation de l'Education Nationale, ce n'est pas la fatalité de la crise, c'est le choix de favoriser les plus aisés sous prétextes que c'est grâce à eux que l'économie fonctionne. C'est oublier qu'ils sont aussi responsables d'un système financier libéral qui vient de démontrer publiquement ses limites (sous le nom communément emprunté de la Crise) et prend les Etats en otage par leurs dettes : non contents d'avoir été renflouées de quelques centaines de milliards de dollars par les Etats à des taux d'emprunt proches de zéro, les banques font mine de découvrir que la dette des Etats (résultant des emprunts des Etats vers les banques privées à des taux élevés) est responsable de la crise et que leur solvabilité garantira la stabilité du système.
Or celui-ci manque de règles pour contenir les abus. Il est risible de constater que certains se convaincront qu'il faut, pour améliorer le sort de tout un chacun, lutter contre la fraude fiscale du voisin qui touche le RSA alors qu'il travaille 10h mensuelles non déclarées, tandis que des poignées de personnes empochent individuellement des dizaines de millions d'euros sur de simples mouvements d'argent. La tactique de l'UMP est simple : diviser pour mieux régner. Exacerber le communautarisme tout en évitant soigneusement de médiatiser le fonctionnement des banques qui en profitent tout en jouant sur leur nécessité dans la société. La réponse du centre à la crise ? Se plier au système et demander aux travailleurs non responsables d'éponger la dette avec leurs petites mains. La réponse du PS ? Quelques mesures de contrôle vers le système bancaire (séparation des activités, quelques interdictions ciblées sur les paradis fiscaux par exemples), un peu de rigueur sans trop toucher aux services publics, quelques plans de relance pour stimuler l'emploi chez les jeunes. La réponse du Front de Gauche ? Un rééquilibrage en profondeur du partage des richesses en taxant les revenus du capital et de la finance, lissant l’impôt sur le revenu, supprimant les niches fiscales, limitant les écarts de salaire dans une même entreprise à un facteur 20... tout en misant sur le poids de la France pour que ces nouvelles règles aient un impact dans les autres pays.
Le 6 mai prochain, quoiqu'il arrive, on basculera. Mais de quel côté ?




Certains répondront que de tels couples n'existent pas; qu'ils se mentent à eux même et qu'ils ne sont pas vraiment amoureux. Est-il vrai qu'une personne amoureuse ne peut avoir de désir que pour l'élu(e) de son cœur ? Certains ne souhaiteront peut-être pas se priver du plaisir de séduire toute leur vie, de faire de nouvelles rencontres sexuelles après avoir rencontré l'homme ou la femme de sa vie, parce que cela les enrichit personnellement ou tout simplement leur procure du plaisir. Souvenons nous du vieux couple de philosophes J-P. Sartre / S. de Beauvoir qui s'autorisait des "amours contingentes"[



